Sculptures raku

La cuisson au bois

four electrique cuisson biscuit

Le raku, c‘est magique !

La première cuisson, au four électrique, est celle du biscuit, elle durcit l’objet d’argile.
C‘est la première étape. Quand on ouvre le four, on se demande toujours comment les pièces ont réagi à cette cuisson de plus de 1000°.
Restait-il de l‘eau dans l‘argile, y avait-il une bulle d‘air ? C‘est le premier suspens.
Va-t-on trouver tout explosé, les résistances électriques cassées ? Ça, c‘est le scénario catastrophe.
On ouvre, rien de cassé. Les pièces sont blanches, elles sont calmes et sereines.
Pas de casse ! Ouf !


Ensuite l‘émaillage. La fritte qui sert d’émaillage deviendra transparente.
Pour l‘instant la fritte est blanche et posée sur une terre blanche. Alors faire attention à en mettre partout.

avant cuisson four raku

le four raku et les bidon de fumée

Puis la cuisson raku en extérieur dans un four à bois.
En 1h30, la température va monter à 980°. Au début, il faut aller doucement, sinon ce sera la casse à cause du choc thermique.
Puis il faut alimenter de petit bois régulièrement en surveillant la température. 0n se prépare.
On revêt un grand tablier en cuir, des gants de soudeur, un masque anti particules, des lunettes de protection.
Ça rigole pas ! On prend des grandes pinces, et on ouvre le four. Toujours un magnifique spectacle.
Dans le four, tout est en feu. Les pièces sont incandescentes, brillantes, lumineuses.
Et elles sont entières. Ouf !

ouverture du four

Alors, délicatement, une par une, on prend les pièces avec les pinces pour les mettre dans un bain de sciure qui a été préparé dans des bidons.
Le choc thermique les fait crier. Ting, ting ! c‘est l‘émail qui craquelle. Chaque pièce reste entière… pour le moment.

Au contact de la pièce incandescente, la sciure s‘enflamme. On referme le bidon avec un couvercle.
La pièce est maintenant dans le royaume de la fumée qui va s‘insinuer dans toutes les craquelures et donner des dessins noirs sur le blanc de la surface émaillée.
La fumée va aussi colorer, ou plutôt noircir les parties laissées sans émail.
Le feu, la fumée vont dévorer tout l‘oxygène contenu dans le bidon et dans la pièce. Il n‘y aura plus d‘oxygène, c‘est la réduction.
Puis la pièce est extraite du bidon, toujours avec les pinces car elle est encore très chaude.
Elle est parfois cassée, parfois trop fissurée et devient alors trop fragile. Mais souvent elle est entière.

tête brulée

tête brulée

Et là c‘est la découverte de la magie du feu sur la terre façonnée.
On utilise de l’eau pour un premier nettoyage, une première découverte.
Déjà on voit les grandes craquelures et on devine l‘aspect général de la pièce.
Ensuite ce sera le grand nettoyage pour enfin découvrir l’effet de la cuisson raku.
Des brisures, des lignes , des rides, des craquelures, des blessures donnent un air maltraité, fragile aux têtes et aux petites bonnes femmes.
Les noirs soyeux, légers ou profonds, satinés, parfois un peu colorés vont donner une profondeur, souligner, renforcer le contraste de la matière.

Et voilà l‘aventure d‘une pièce façonnée avec de l‘argile est terminée.
…Et alors on rêve de la prochaine…

tête brulée